Vous lancez votre activité d'artisan — plomberie, électricité, menuiserie, maçonnerie — et la première question qui bloque tout est la même : quel statut choisir ? Micro-entreprise, entreprise individuelle au réel, EURL ou SASU : chaque option change vos cotisations URSSAF, votre protection sociale, votre fiscalité et votre comptabilité. Ce guide compare les 4 statuts avec les chiffres 2026, et détaille les trois sujets qui font le plus de dégâts quand ils sont mal compris : les cotisations URSSAF, la CFE et l'ACRE.
En tant qu'artisan, vous devez d'abord être immatriculé au Registre national des entreprises (RNE) avec une activité artisanale (ou au registre des métiers selon votre activité). Ensuite, quatre formes juridiques s'offrent à vous :
| Statut | En résumé | Idéal pour |
|---|---|---|
| Micro-entreprise (EI sous régime micro) | Comptabilité ultra-simplifiée, cotisations calculées sur le CA encaissé, pas de TVA en franchise en base | Démarrage, petits chantiers, CA < plafonds |
| EI au régime réel | Même forme juridique, mais bénéfice réel : vous déduisez toutes vos charges réelles | Artisans qui dépassent les plafonds ou ont beaucoup de frais |
| EURL | Société unipersonnelle, responsabilité limitée, gérant au régime TNS (comme un indépendant) | Activité qui grossit, besoin de déduire les frais, protéger le patrimoine |
| SASU | Société unipersonnelle, président assimilé salarié, meilleure protection sociale mais cotisations plus élevées | Clients professionnels exigeants, croissance, dividendes |
Pour un artisan qui démarre, la micro-entreprise est presque toujours le bon choix : aucune comptabilité complexe (un simple registre des recettes), des cotisations payées uniquement quand vous encaissez, et une gestion en 5 minutes par mois. Les plafonds de CA 2026 : 193 500 € pour une activité de vente (fabrication, négoce) et 79 700 € pour une activité de services (travaux, prestations). Tant que vous restez sous le plafond, vous restez en micro.
| Activité artisanale | Plafond CA 2026 | Taux de cotisations URSSAF | Abattement fiscal |
|---|---|---|---|
| Vente de marchandises, fabrication, fourniture de logement | 193 500 € | 12,3 % | 71 % |
| Prestations de services et travaux (BTP, pose, installation…) | 79 700 € | 21,2 % | 50 % |
Exemple chiffré : un électricien en micro encaisse 60 000 € de CA sur l'année → cotisations URSSAF = 60 000 × 21,2 % = 12 720 €. Son revenu imposable = 60 000 × 50 % (abattement) = 30 000 €. Simple, prévisible, sans surprise. En micro, vous facturez sans TVA (franchise en base) tant que votre CA reste sous les seuils de 37 500 € / 85 000 € — pensez à la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » sur vos factures.
Même forme juridique que la micro (une entreprise individuelle), mais votre bénéfice est calculé sur vos charges réelles : matériaux, véhicule, outillage, loyer d'atelier, assurances… Tout ce qui est justifié se déduit. Vous restez au régime social des indépendants (SSI), avec des cotisations assises sur le bénéfice — pas sur le CA. C'est le statut naturel des artisans qui dépassent les plafonds de la micro ou dont les frais sont élevés.
L'EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) est une SARL à associé unique. Vous créez une personne morale : votre patrimoine personnel est séparé de l'activité, et vous pouvez déduire toutes vos charges (dont un salaire, même modeste). Le gérant d'EURL est au régime social des indépendants (TNS) — les cotisations restent proches de celles d'une EI.
La SASU séduit les artisans qui travaillent avec des donneurs d'ordre exigeants (promoteurs, collectivités, grandes enseignes) : le statut de président assimilé salarié rassure, et la protection sociale est meilleure (retraite, prévoyance, droits au chômage pour le cumul mandat/contrat dans certaines conditions). Mais ce confort se paie :
| Critère | Micro-entreprise | EI au réel | EURL | SASU |
|---|---|---|---|---|
| Capital requis | Aucun | Aucun | Libre (100-1 000 € conseillé) | Libre |
| Responsabilité | Personnelle (résidence protégée) | Personnelle (résidence protégée) | Limitée à l'apport | Limitée à l'apport |
| Cotisations (ordre de grandeur) | 12,3 % ou 21,2 % du CA | ~40-45 % du bénéfice | ~40-45 % de la rémunération | ~50-60 % de la rémunération |
| Protection sociale | Indépendant (SSI) | Indépendant (SSI) | Indépendant (SSI) | Assimilé salarié (meilleure) |
| Fiscalité par défaut | IR (abattement) | IR (bénéfice réel) | IR, option IS | IS |
| Comptabilité | Registre des recettes | Comptable recommandé | Comptable obligatoire | Comptable obligatoire |
| TVA | Franchise en base (souvent) | Réel : collecte + déduction | Réel | Réel |
| Coût de gestion annuel | ~0-300 € | ~800-2 000 € | ~1 500-3 000 € | ~3 000-6 000 € |
L'URSSAF collecte vos cotisations sociales (retraite, maladie, allocations familiales). En micro, c'est un pourcentage du CA ; au régime réel et en société, c'est un pourcentage du bénéfice ou de la rémunération.
| Poste | Micro (taux sur CA) | Régime réel / TNS (taux sur revenu) |
|---|---|---|
| Maladie-maternité | Inclus dans les 12,3 % / 21,2 % | ~6,5 % |
| Retraite de base | Inclus | ~17,75 % |
| Retraite complémentaire | Inclus | ~7 % |
| Invalidité-décès | Inclus | ~1,3 % |
| Allocations familiales | Inclus | 0 à 3,1 % selon revenu |
| CSG-CRDS | Inclus | ~9,7 % |
| Total indicatif | 12,3 % ou 21,2 % du CA | ~40-45 % du revenu |
Exemple chiffré au réel : un menuisier en EI déclare 40 000 € de bénéfice → cotisations ≈ 40 000 × 42 % ≈ 16 800 €. Il lui reste ~23 200 € + éventuelle rémunération de son conjoint. À noter : une cotisation minimale (~1 400 €/an) s'applique même en cas de revenu faible.
La cotisation foncière des entreprises (CFE) est due chaque année par presque toutes les entreprises, y compris les micro-entrepreneurs — c'est l'impôt local le plus souvent oublié par les artisans qui démarrent.
L'aide aux créateurs et repreneurs d'entreprise (ACRE) est une exonération de 50 % des cotisations URSSAF pendant les 6 premiers mois d'activité (12 mois dans les quartiers prioritaires et zones de revitalisation rurale). Elle s'applique aux créateurs et repreneurs d'entreprise, y compris les artisans en micro-entreprise.
Règle générale : commencez en micro, réévaluez chaque année au moment de la déclaration. Le passage EI réel → EURL → SASU est toujours possible ; l'inverse l'est beaucoup moins.
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Dernière mise à jour : 2026. Guide informatif — les taux, plafonds et dispositifs évoluent chaque année : vérifiez les montants sur urssaf.fr et impots.gouv.fr, et faites valider votre choix par un expert-comptable.