Choisir son statut juridique en 2026 : le comparatif complet

Mis à jour en août 2026 · Lecture : 12 min · Micro-entreprise, EURL, SASU — les 3 statuts unipersonnels passés au crible

Micro-entreprise, EURL ou SASU : 90 % des créateurs d'entreprise qui se lancent seuls en France choisissent l'un de ces trois statuts. Pourtant, ils n'ont presque rien en commun : cotisations sociales, fiscalité, comptabilité, protection sociale et coût d'entretien diffèrent du tout au tout. Ce guide compare les trois options critère par critère, puis vous donne un arbre de décision simple pour 2026.

Sommaire

1. Le tableau comparatif complet 2026

CritèreMicro-entrepriseEURLSASU
NatureRégime fiscal et social (forme : entreprise individuelle)SARL à associé uniqueSociété par actions simplifiée unipersonnelle
Associés1 seul entrepreneur1 seul associé1 seul associé
ResponsabilitéResponsabilité personnelle (sauf résidence principale protégée depuis 2022)Limitée aux apports (sauf caution personnelle)Limitée aux apports (sauf caution personnelle)
Capital minimumAucunLibre (1 € possible)Libre (1 € possible)
DirigeantL'entrepreneur individuelGérant (majoritaire = TNS)Président (assimilé salarié)
Cotisations sociales12,3 % (vente) · 21,2 % (services) · 24,6 % (BNC) du CA encaissé≈ 45 % du revenu d'activité (TNS), avec abattement forfaitaire de 10 %≈ 45 % du salaire brut (cotisations salariales + patronales)
Base de cotisationCA encaissé, même sans bénéficeRémunération décidée par le gérantSalaire brut décidé par le président
Frais réels déductiblesNon (abattement forfaitaire à la place : 71 % vente / 50 % services / 34 % BNC)OuiOui
Impôt par défautIR (barème après abattement)IR (option IS possible)IS : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà
Versement libératoireOui (1 % / 1,7 % / 2,2 % du CA) sous condition de revenusNon applicableNon applicable
DividendesNon (le bénéfice est le revenu)Oui, après IS si option — mais cotisations TNS sur les dividendes (sauf petite part)Oui, après IS — dividendes sans cotisations, soumis à la flat tax 30 %
TVAFranchise en base jusqu'à 85 000 € (vente) / 37 500 € (services) ; TVA due au-delàAssujettie dès la création (franchise possible en micro uniquement)Assujettie dès la création
Seuil de CA188 700 € (vente) / 77 700 € (services) — dépassement 2 ans = sortieAucunAucun
ComptabilitéLivre des recettes + registre des achats (vente)Comptabilité complète (bilan, compte de résultat)Comptabilité complète + dépôt des comptes au greffe chaque année
Expert-comptableFacultatifConseillé (obligatoire selon seuils)Obligatoire
Coût de création0 €≈ 1 600 – 4 500 €≈ 2 200 – 5 700 €
Coût annuelCFE (dès la 2ᵉ année) + cotisationsComptable 1 200 – 2 500 € + CFEComptable 1 500 – 3 000 € + CFE + dépôt des comptes
Protection socialeMaladie, retraite, IJ ; retraite proportionnelle au CA (souvent faible)Régime des indépendants (TNS) : bonnes prestations maladie, retraite selon revenuRégime général (assimilé salarié) : chômage en plus, retraite calculée sur le salaire déclaré
Assurance chômageNonNon (TNS)Oui, au titre de l'assurance chômage des salariés (sous conditions de salaire et de cotisations)
Embauche de salariésPossible (1er salarié, puis bascule en EI classique possible)PossiblePossible
Rémunération du dirigeantNet = CA − cotisations (pas de choix)Libre, mais cohérente avec le CA (cotisations ≈ 45 %)Libre ; coût ≈ salaire net × 1,93
Crédibilité client / banqueParfois perçue comme « petit » statutBonne (société)Excellente (statut prisé des indépendants à revenus élevés)
Complexité administrativeMinimaleMoyenneÉlevée (comptes annuels, assemblées, dépôt)
Idéal pourDémarrage, petits CA, activité secondaire, test de marchéCA 30 000 – 100 000 €, rémunération élevée, besoin de déduire des fraisCA élevé, stratégie salaire + dividendes, besoin d'une image de société

2. La micro-entreprise en détail

Depuis 2022, la micro-entreprise est une modalité de l'entreprise individuelle : elle a remplacé l'auto-entreprise et l'EIRL. Ses atouts sont décisifs au lancement : création gratuite et en ligne, cotisations uniquement sur l'encaissé (pas de charges fixes), comptabilité réduite à un livre de recettes, et franchise de TVA.

💡 En résumé : la micro est imbattable pour démarrer et tester un marché. Elle reste pertinente tant que les frais réels déductibles sont faibles et le CA sous les seuils. Calculez précisément ce que vous laisse votre CA avec le calculateur de charges micro 2026.

3. L'EURL en détail

L'EURL est une SARL à associé unique. Son dirigeant, le gérant majoritaire, est travailleur non salarié (TNS) : il cotise ≈ 45 % de son revenu d'activité, avec un abattement forfaitaire de 10 % sur la base. La société peut opter pour l'IS (intéressant dès que le bénéfice dépasse la rémunération).

💡 En résumé : l'EURL est le statut « sérieux » le plus simple à gérer pour un CA de 30 000 à 100 000 €, surtout si vous vous rémunérez bien. Elle coûte ~3 000 € la première année (comptable inclus).

4. La SASU en détail

La SASU est la société par actions simplifiée unipersonnelle. Son président est assimilé salarié : il cotise au régime général (≈ 45 % du salaire brut au total), ce qui ouvre droit à l'assurance chômage et à une retraite calculée sur le salaire. L'IS est l'impôt par défaut, et le bénéfice peut être distribué en dividendes sans cotisations (flat tax 30 %).

💡 En résumé : la SASU est le statut des indépendants à CA élevé qui veulent optimiser leur revenu (salaire + dividendes) et bénéficier du régime général. Le surcoût de gestion doit être compensé par le CA. Comparez les chiffres avec le calculateur de statut.

5. L'arbre de décision en 5 questions

  1. Êtes-vous seul ? Non → SARL ou SAS (EURL/SASU/micro exclues).
  2. Votre CA prévisionnel dépasse-t-il les seuils micro ? Oui → société (EURL ou SASU). Non → continuez.
  3. CA inférieur à ~30 000 € ? Oui → micro-entreprise, sans hésiter.
  4. Vos frais réels déductibles dépassent-ils ~10 % du CA ? Oui (matériel, déplacements, local, sous-traitance) → EURL ou SASU. Non → micro.
  5. Visez-vous plus de ~45 000 € de rémunération nette ? Oui → comparez EURL (TNS) et SASU (salaire + dividendes) chiffres en main. Non → micro, ou EURL si frais réels.

Le calculateur de statut applique ces règles automatiquement et chiffre les trois options.

6. Cas types chiffrés (2026)

ProfilMicroEURLSASUVerdict
CA 25 000 €, peu de fraisNet ≈ 19 700 € (services)Net ≈ 15 400 €*Net ≈ 14 200 €*Micro — les frais de société (comptable ≈ 1 500 €) mangent tout l'écart
CA 60 000 €, rémunération 50 000 €Net 47 280 € (services), mais pas de frais déductiblesNet 50 000 € (cot. ≈ 40 900 €, déductibles)Net 50 000 € (coût ≈ 96 600 €) — trop cherEURL — régime TNS le plus efficace à cette rémunération
CA 150 000 €, salaire 45 000 € + dividendesImpossible (seuil 77 700 € dépassé)Net salaire 45 000 € + dividendes (IS 15 %) — cotisations TNS sur dividendesNet salaire 45 000 € + dividendes sans cotisations (flat tax 30 %)SASU — la part dividendes sans cotisations fait la différence

*Hors coût du comptable et hors impôt sur le revenu. Estimations : TNS ≈ 45 % du revenu d'activité ; SASU net = 75 % du brut, coût = brut × 1,45.

7. Changer de statut : ce que ça coûte

BasculeDémarchesCoût typique
Micro → EURL / SASUCréation de la société, transfert d'activité, résiliation du régime micro, réimmatriculation1 500 – 3 500 € (statuts, greffe, comptable)
Société → microFermeture/liquidation de la société (parfois dissolution), ouverture d'une EI1 000 – 4 000 € (liquidateur, greffe, publicité)
EURL ↔ SASUTransformation de société2 000 – 5 000 € (notaire, comptable, taxes)

Moralité : le choix du statut au départ est une décision économique à 2 000 – 5 000 € près. Les 5 minutes de calcul en amont sont les mieux investies de votre projet.

FAQ

Quel statut choisir en 2026 pour une activité secondaire ?

La micro-entreprise, presque toujours : création gratuite, cotisations proportionnelles, compatibilité avec un emploi salarié, et possibilité d'opter pour le versement libératoire. Les sociétés n'ont d'intérêt que si l'activité secondaire génère un CA significatif et des frais réels.

Micro-entreprise ou entreprise individuelle classique ?

Depuis 2022, l'EI classique s'adresse à ceux qui dépassent les seuils micro ou qui ont de gros frais réels à déduire. Pour démarrer, la micro est presque toujours le bon choix ; la bascule en EI classique est automatique et sans frais en cas de dépassement.

La SASU donne-t-elle vraiment droit au chômage ?

Oui, sous conditions : être privé involontairement d'emploi (perte de mandat social après au moins 3 ans de présidence), avoir cotisé au régime général, et remplir les conditions de durée d'affiliation. C'est l'un des arguments majeurs de la SASU face à l'EURL.

Et la SARL classique ou la SAS avec associés ?

Ce sont les équivalents multi-associés de l'EURL et de la SASU. Les règles sociales sont identiques (gérant majoritaire TNS pour la SARL, président assimilé salarié pour la SAS).

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